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Fiscalité du MRE au Maroc : guide complet 2026

Être non-résident fiscal au Maroc change la règle du jeu : conventions bilatérales, revenus fonciers, plus-values et retraites expliqués.

Mis à jour 21 avril 2026Par Karim Bennani

L'essentiel en un coup d'œil

  • Non-résident : impôt MA sur source MA uniquement
  • 55+ conventions bilatérales signées
  • Abattement retraite 80 %
  • Exonération résidence principale après 6 ans

La fiscalité d'un Marocain Résidant à l'Étranger au Maroc repose sur une distinction clé : la résidence fiscale. Selon l'article 23 du Code Général des Impôts marocain, vous êtes considéré résident fiscal si vous avez votre foyer permanent au Maroc, ou si vous y séjournez plus de 183 jours par an, ou si votre centre d'intérêts économiques y est. À défaut, vous êtes non-résident fiscal, et le Maroc ne vous impose que sur les revenus de source marocaine : loyers d'un bien loué au Maroc, plus-value lors d'une revente, dividendes d'actions marocaines, intérêts de comptes non-MRE. Le Maroc a signé plus de 55 conventions fiscales bilatérales (France, Belgique, Espagne, Italie, Allemagne, Canada, USA, Emirats, etc.) qui précisent qui impose quoi, pour éviter la double taxation. Ce guide détaille : (1) les règles d'imposition des revenus fonciers marocains (taxe d'habitation, taxe de services communaux, IR sur loyers), (2) la fiscalité des plus-values immobilières (taux 20 %, exonérations), (3) le traitement des retraites de source étrangère transférées au Maroc, (4) l'imposition éventuelle en cas de retour définitif au Maroc, et (5) les erreurs fréquentes à éviter pour ne pas être doublement imposé.

Revenus fonciers : imposition au Maroc, crédit d'impôt dans le pays de résidence

Les revenus fonciers perçus au Maroc (loyers d'un appartement ou villa, location meublée touristique) sont imposables au Maroc quelle que soit votre résidence fiscale, au titre de l'IR foncier. Le barème 2026 : abattement forfaitaire de 40 % pour frais (porté à 50 % pour les logements neufs durant les 3 premières années), puis barème progressif IR (0 à 38 % selon revenus). En pratique, pour un loyer annuel de 60 000 MAD, IR environ 4 500 à 6 000 MAD. La déclaration se fait via le formulaire ADP040F-16 avant le 31 mars de l'année suivante. Par application de la convention fiscale, ces revenus sont ensuite déclarés dans votre pays de résidence (France, Belgique, etc.), où vous bénéficiez d'un crédit d'impôt égal à l'impôt marocain (évite la double imposition). Les MRE en France déclarent via la case 4BE du formulaire 2047.

Plus-value immobilière : 20 % avec exonérations importantes

Lors de la revente d'un bien au Maroc, la plus-value brute (prix de vente moins prix d'acquisition actualisé par coefficient d'inflation + frais d'acquisition + travaux justifiés) est imposée au taux de 20 % pour les non-résidents (un peu plus pour les biens détenus moins de 5 ans). Trois exonérations majeures : (1) résidence principale occupée depuis plus de 6 ans : exonération totale (sur attestation d'occupation), (2) revente au profit de l'État ou d'une collectivité : exonération, (3) biens détenus depuis plus de 10 ans et cédés dans certains cas : abattements ou exonération. L'impôt est retenu à la source par le notaire lors de la vente et versé à la DGI. Attention : un MRE qui détient un bien depuis plus de 10 ans et qui y a résidé plus de 6 ans avant son expatriation peut revendiquer l'exonération résidence principale s'il produit les preuves de résidence (quittances anciennes, scolarisation des enfants, etc.).

Retraites étrangères transférées au Maroc : abattement de 80 %

Bonne nouvelle pour les MRE rentrant au Maroc : les pensions de retraite de source étrangère transférées au Maroc bénéficient d'un abattement de 80 % pour le calcul de l'IR marocain (article 76 du CGI). En pratique, seulement 20 % du montant transféré est soumis au barème IR. Pour une pension française de 3 000 € par mois (36 000 €/an soit environ 389 000 MAD), la base imposable au Maroc serait d'environ 78 000 MAD, avec un IR d'environ 4 000 à 8 000 MAD, soit un taux effectif de 1,5 à 2 %. À comparer au taux marginal français qui dépasse souvent 30 %. Combiné à la convention fiscale, le retour au Maroc est fiscalement très avantageux pour les retraités MRE. Condition : transférer effectivement la retraite sur un compte bancaire marocain (MRE ou résident).

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes comptes bancaires marocains dans mon pays de résidence ?
Oui. En France, obligation de déclarer tous les comptes détenus hors de France (formulaire 3916-3916 bis), même s'ils sont inactifs. Sanction en cas d'omission : 1 500 € par compte non déclaré (10 000 € si compte situé dans un État non-coopératif, ce qui n'est pas le cas du Maroc). En Belgique, déclaration via Point de Contact Central de la BNB.
La taxe urbaine et la taxe de services communaux s'appliquent-elles aux MRE ?
Oui, ces taxes annuelles locales (entre 0,5 % et 1,5 % de la valeur locative estimée) sont dues par tout propriétaire d'un bien au Maroc, résident ou non. Abattement de 75 % pour la résidence principale du propriétaire (donc non applicable aux MRE non-résidents fiscaux). Paiement annuel avant le 30 juin à la perception de la commune.
Puis-je bénéficier du régime fiscal avantageux CFE/Casa Finance City en tant que MRE ?
Le régime CFE (Casablanca Finance City) est réservé aux entreprises ayant obtenu le statut CFC auprès de Casablanca Finance City Authority. Un MRE ne bénéficie pas personnellement du régime, mais peut investir via une holding ou société CFC éligible, avec IS réduit à 8,75 % et exonérations partielles IR/TVA.

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