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PLF 2027 : ce que la note de cadrage du 5 août 2026 annonce pour votre budget

Le 5 août 2026, le chef du gouvernement a adressé aux ministères la note de cadrage du projet de loi de finances 2027. Quatre priorités, une consigne de rigueur sur les dépenses de fonctionnement, un effort d'investissement préservé et, pour la première fois, un budget construit sans recours aux financements innovants. Rien n'est encore voté : le texte sera déposé au Parlement à l'automne, après les législatives du 23 septembre. Voici ce que la note dit réellement pour les ménages, ce qu'elle ne dit pas, et les dates à retenir.

Par Équipe Wafir24 août 20268 min de lecture

Ce qu'est une note de cadrage — et ce qu'elle n'est pas

La note de cadrage (ou note d'orientation) est la circulaire par laquelle le chef du gouvernement fixe aux ministères le cap et les plafonds de dépenses du prochain budget. Elle ouvre la phase de préparation prévue par la loi organique relative à la loi de finances (LOF 130-13) : les départements avaient jusqu'au 31 août 2026 pour transmettre leurs propositions, les arbitrages budgétaires étant programmés du 7 au 17 septembre. Ce n'est donc ni un projet de loi ni une liste de mesures fiscales : les dispositions qui touchent directement votre IR, votre TVA ou vos taxes locales n'apparaîtront qu'au dépôt du projet au Parlement.

Particularité de cette édition : les élections législatives ont lieu le 23 septembre 2026. La note émane donc de la majorité sortante, mais le PLF 2027 sera discuté, amendé et exécuté par le gouvernement issu des urnes. La presse économique parle d'un budget « hybride », qui garantit la continuité de l'État tout en laissant une marge de manœuvre au prochain exécutif.

Les quatre priorités fixées par la note

  • Consolidation des acquis économiques, pour renforcer la position du Maroc parmi les nations émergentes (infrastructures, Mondial 2030, souveraineté industrielle et hydrique).
  • Réduction des disparités territoriales et mise à niveau des territoires, avec des programmes de développement territorial intégré.
  • Renforcement des piliers de l'État social : généralisation de la couverture médicale, aide sociale directe, santé, éducation, logement.
  • Poursuite des grandes réformes structurelles — le tout sous une contrainte affichée comme absolue : la préservation des équilibres des finances publiques.

Rigueur sur le fonctionnement, investissement préservé

C'est le message central relayé par Médias24 le 5 août : le gouvernement « serre les dépenses de fonctionnement et préserve l'investissement ». Des plafonds ont été fixés à chaque département pour le fonctionnement comme pour l'investissement. Les créations de postes sont strictement encadrées et doivent être justifiées par des besoins réels liés aux réformes ; les dépenses courantes sont limitées aux besoins essentiels, avec un effort ciblé sur l'eau, l'électricité, la location et l'acquisition de véhicules, les missions, l'hébergement et les réceptions. Les subventions accordées aux établissements publics sont elles aussi encadrées.

Objectif chiffré : ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2027 (il était de 3,5% en 2025 et de 7,1% en 2020) et contenir la dette publique autour de 65% du PIB, avec une convergence visée vers 63% à l'horizon 2029. La « souveraineté financière » est érigée en priorité nationale.

Un budget bâti sans financements innovants

Le Desk l'a révélé le jour même : le PLF 2027 sera construit sans s'appuyer sur les recettes des « financements innovants », avec un an d'avance sur l'extinction initialement programmée pour 2028. Ce mécanisme — l'État cède temporairement des actifs publics (hôpitaux, universités, bâtiments administratifs) à des investisseurs institutionnels comme la CDG, la CMR ou la CNSS via des OPCI, puis les reloue — a mobilisé environ 109 milliards de dirhams depuis 2019, dont un record de 35,3 milliards en 2024. En contrepartie, les loyers versés par l'État atteignaient déjà près de 7 milliards de dirhams en 2025. S'en passer signifie financer l'investissement public par des recettes ordinaires et de l'endettement classique : c'est ce qui explique la pression accrue sur les dépenses de fonctionnement et sur le rendement de l'impôt.

Les hypothèses macroéconomiques retenues

La note s'appuie sur la programmation budgétaire triennale 2027-2029 présentée par la ministre de l'Économie et des Finances aux commissions des finances des deux Chambres les 22 et 23 juillet 2026, conformément à l'article 47 de la LOF. Les hypothèses : croissance révisée à 5,3% en 2026 (portée par un rebond agricole de 15,1%), puis 4,1% en 2027 et 4,2% en 2028 et 2029 ; inflation autour de 2% (1,5% attendu fin 2026, 2% en 2027) ; récolte céréalière de 70 millions de quintaux ; baril de pétrole à 70 dollars et gaz butane à 500 dollars la tonne sur la période.

Pour votre budget, la variable à surveiller est l'inflation : une hypothèse à 2% signifie que le gouvernement ne prévoit pas de choc sur les prix comparable à 2022-2023. Si le pétrole ou le butane dépassaient durablement ces hypothèses, c'est la charge de compensation — et donc les marges budgétaires — qui seraient les premières touchées.

Ce qui est acquis pour les ménages dans la note

  • Subventions maintenues : environ 13,2 milliards de dirhams sont prévus en 2027 pour soutenir les prix du gaz butane, du sucre et de la farine nationale de blé tendre. La note ne mentionne aucune nouvelle étape de décompensation.
  • Dialogue social : 3,9 milliards de dirhams pour financer les mesures encore dues (revalorisations dans la fonction publique, SMIG). LeBrief chiffre à 49,7 milliards de dirhams le coût cumulé des accords sociaux en 2027.
  • Aide sociale directe : le dispositif lancé fin 2023 bénéficie à plus de 4 millions de familles et 5 millions d'enfants, pour 2,2 milliards de dirhams par mois (64,2 milliards cumulés à fin juin 2026). La note s'engage à renforcer ces programmes.
  • Couverture médicale : le taux de couverture est passé de 42% à plus de 87% ; l'objectif reste la généralisation via AMO Tadamon, AMO des non-salariés et AMO générale.
  • Logement : 111 000 familles ont bénéficié de l'aide directe au logement depuis 2024, pour 9,1 milliards de dirhams ; le programme se poursuit. Villes sans bidonvilles atteint 76% de réalisation sur 62 villes.
  • Santé et école : 1 400 établissements de soins mis à niveau (objectif 1 600), nouveau CHU à Errachidia, écoles pionnières étendues vers 80% du primaire d'ici 2028.

IR, TVA, taxes locales : ce que la note ne dit pas (hypothèses)

Point essentiel : la note de cadrage ne contient aucune mesure fiscale chiffrée concernant les particuliers. L'orientation relayée par Médias24 et LesEco est d'améliorer le rendement de l'impôt sans relèvement des taux — élargissement de l'assiette, intégration de l'informel, digitalisation des déclarations, lutte contre la fraude. Tout ce qui suit relève donc de l'hypothèse, à confirmer au dépôt du projet en octobre :

  • IR — hypothèse : aucun signal de modification du barème en vigueur (exonération jusqu'à 40 000 MAD/an, taux marginal 37%). La LF 2026 avait déjà porté la déduction pour charges de famille à 600 MAD par personne (plafond 3 600 MAD/an) et ouvert aux salariés l'option pour le barème progressif. Un ajustement des tranches en 2027 n'est ni annoncé ni exclu.
  • TVA — hypothèse : la convergence des taux engagée par la LF 2024 arrive à son terme en 2026. Les orientations de réforme évoquent la poursuite de l'harmonisation des taux et l'accélération des remboursements de crédits de TVA aux entreprises. Aucune hausse de taux visant les ménages ne figure dans la note.
  • Taxes locales — hypothèse : depuis juin 2025, la taxe d'habitation et la taxe de services communaux sont gérées par la DGI, et le projet de loi 14-25 réforme la fiscalité territoriale. Un volet fiscalité locale pourrait accompagner le PLF, mais la note n'en fait pas mention.
  • Contribution sociale de solidarité — acquis LF 2026 : elle est déjà prolongée pour 2026, 2027 et 2028 pour les bénéfices et revenus professionnels à partir de 1 million de dirhams. Elle ne concerne pas les salariés.

Le calendrier à surveiller

  • 31 août 2026 : dépôt des propositions budgétaires des ministères (fait).
  • 7-17 septembre : réunions d'arbitrage budgétaire.
  • 23 septembre : élections législatives ; formation du nouveau gouvernement dans les semaines suivantes.
  • Au plus tard le 20 octobre : dépôt du PLF 2027 au bureau de la Chambre des représentants (LOF 130-13). C'est à ce moment que les mesures fiscales détaillées seront connues.
  • Octobre-novembre : la Chambre des représentants dispose de 30 jours pour se prononcer, puis la Chambre des conseillers de 22 jours, et une deuxième lecture de 6 jours à la Chambre des représentants.
  • Décembre : adoption finale, promulgation et publication au Bulletin officiel avant le 31 décembre. Si le vote n'intervenait pas à temps, la LOF prévoit l'ouverture par décret des crédits nécessaires à la marche des services publics.
  • 1er janvier 2027 : entrée en vigueur des dispositions fiscales votées.

Ce que wafir.ma mettra à jour après le vote

Dès la publication de la loi de finances 2027 au Bulletin officiel, l'équipe études wafir.ma actualisera le barème IR du calculateur IR et du calculateur de salaire net, les paramètres de droits d'enregistrement du calculateur de frais de notaire, les conditions de l'aide directe au logement dans le simulateur de crédit immobilier, ainsi que nos guides IR et fiscalité. Un décryptage des mesures ménages sera publié au dépôt du projet en octobre, puis à l'adoption définitive.

FAQ : les questions que vous vous posez

Quand le PLF 2027 sera-t-il déposé au Parlement ?

Au plus tard le 20 octobre 2026, conformément à la loi organique relative à la loi de finances. Le vote final doit intervenir avant le 31 décembre pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2027.

Le barème de l'IR va-t-il changer en 2027 ?

Rien ne l'indique à ce stade : la note de cadrage ne contient aucune mesure sur l'IR et l'orientation affichée est d'améliorer le rendement de l'impôt sans relever les taux. Le barème actuel (exonération jusqu'à 40 000 MAD/an, taux marginal 37%) reste la référence tant que la LF 2027 n'est pas publiée.

La TVA va-t-elle augmenter en 2027 ?

Aucune hausse de TVA visant les ménages ne figure dans la note de cadrage. La convergence des taux engagée par la loi de finances 2024 s'achève en 2026 ; d'éventuels ajustements techniques ne seront connus qu'au dépôt du projet en octobre. À traiter comme une hypothèse, pas comme une décision.

Les subventions du butane, du sucre et de la farine sont-elles maintenues ?

Oui pour 2027 : la note prévoit environ 13,2 milliards de dirhams de compensation pour le gaz butane, le sucre et la farine nationale de blé tendre, sans nouvelle étape de décompensation annoncée.

Qui votera le budget 2027 : le gouvernement actuel ou le prochain ?

La note de cadrage et les arbitrages sont l'œuvre du gouvernement sortant, mais le projet sera déposé, discuté, amendé et exécuté par le gouvernement issu des législatives du 23 septembre 2026 et par la nouvelle Chambre des représentants.

En résumé : la note du 5 août 2026 fixe un cap de rigueur sur l'État, pas sur les ménages — subventions et aides sociales sont reconduites, aucune hausse d'impôt n'est annoncée, et les mesures fiscales concrètes ne seront connues qu'au dépôt du projet, autour du 20 octobre. Notez cette date et revenez sur wafir.ma : nous publierons le décryptage ménages dès la parution du texte.

Article basé sur les données publiques officielles + sources expertes wafir.ma. Toutes les statistiques citées sont vérifiables auprès des organismes mentionnés.

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#PLF 2027#Loi de finances#Impôt sur le revenu#TVA#Budget des ménages
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