Notre lecture experte des données — chaque chapitre est étayé par les sources officielles citées en méthodologie
01
Ce que ce baromètre mesure
Ce baromètre ne prétend pas décrire le marché marocain. Il décrit une chose plus modeste et, à notre avis, plus utile : ce que des gens tapent, remplissent et envoient quand ils cherchent un crédit ou une assurance en ligne. La source est unique, ce sont les dossiers déposés sur wafir.ma pendant l'été 2026, agrégés et anonymisés. Nos utilisateurs ne sont pas un échantillon représentatif de la population : ils sont connectés, plutôt urbains, et déjà en démarche de comparaison. Nous publions donc des ordres de grandeur arrondis, pas des décimales. Un chiffre à la virgule près donnerait à ces données une précision qu'elles n'ont pas.
02
Crédit et assurance, presque à égalité
La première surprise tient à l'équilibre. On imagine souvent un comparateur comme un site de crédit, avec l'assurance en produit d'appoint. Les demandes disent autre chose : le crédit et l'assurance pèsent à peu près le même poids, un peu moins de la moitié chacun. L'épargne et les placements restent marginaux, autour d'un dossier sur vingt. Dans le détail, deux produits dominent : le crédit à la consommation et l'assurance auto, qui rassemblent à eux seuls environ quatre demandes sur dix. Viennent ensuite l'assurance voyage, très saisonnière, puis le crédit immobilier.
03
Des montants modestes, sauf pour l'immobilier
La demande type de crédit à la consommation tourne autour de 30 000 MAD. C'est un montant de projet du quotidien : équipement, travaux, voiture d'occasion, coup dur. Le rachat de crédit se situe nettement plus haut, autour de 300 000 MAD, ce qui rappelle qu'on y arrive rarement pour un seul emprunt. Le financement immobilier change d'échelle : près de 600 000 MAD demandés sur une quinzaine d'années. À ce niveau, une différence de quelques dixièmes de point sur le taux se compte en dizaines de milliers de dirhams sur la durée du prêt, ce qui justifie largement de comparer plusieurs banques avant de signer. Pour situer ces demandes, le repère public est l'enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib sur les taux débiteurs.
04
Le fait marquant : la Mourabaha n'est plus une niche
C'est le résultat qui nous a le plus étonnés. Parmi les demandes de financement immobilier où la personne a précisé ce qu'elle voulait, près de quatre sur dix portent sur une Mourabaha plutôt que sur un crédit classique. Rapportée au poids réel de la finance participative dans l'encours bancaire marocain, la proportion est considérable. Deux lectures, non exclusives. D'abord une demande réelle et sous-servie : beaucoup de ménages veulent une solution conforme et cherchent d'abord en ligne, faute d'agences participatives partout. Ensuite un effet de plateforme : les personnes qui comparent en ligne sont aussi celles qui explorent les alternatives au circuit classique. Dans les deux cas, le message aux établissements est le même : la demande est là, et elle se manifeste d'abord sur internet.
05
Qui demande, et depuis où
Le profil type est plus modeste qu'on ne l'imagine parfois. Environ deux tiers des demandeurs déclarent moins de 10 000 MAD par mois. Un peu moins de la moitié sont en CDI, un cinquième sont fonctionnaires, le reste se partage entre indépendants, CDD et retraités. Côté géographie, Casablanca domine largement, devant Marrakech et Rabat. Dernier enseignement, moins flatteur pour nous : un dossier commencé sur quatre n'est jamais finalisé. Les formulaires trop longs découragent, et c'est un chantier que nous prenons au sérieux. Pour qui compare aujourd'hui, la leçon pratique tient en une phrase : demandez toujours le TAEG, assurance et frais compris, et faites jouer plusieurs établissements, y compris participatifs, avant de vous engager.