1. Calcul de la pension CNSS en 2026
Formule officielle
La pension de base est égale à 50 % du SAMR, le salaire annuel moyen de référence calculé sur les 8 dernières années avant le départ.
Chaque année de cotisation validée au-delà de 15 ans ajoute 1 %. Le taux plafonne à 70 % du SAMR, niveau atteint après 35 ans de cotisations.
Les bénéficiaires qui ont cotisé au moins 15 ans ont droit à un minimum garanti de 1 500 MAD par mois. La pension CNSS ne dépasse pas 6 000 MAD par mois : au-delà, il faut une retraite complémentaire (CIMR) ou une retraite privée.
3 exemples chiffrés en 2026
Exemple 1. Un cadre payé 15 000 MAD par mois sur ses 8 dernières années a un SAMR de 180 000 MAD/an. Avec 35 ans de cotisations (majoration maximale), le calcul donne 70 % × 180K = 126 000 MAD/an, soit 10 500 MAD/mois. Le plafond de la CNSS ramène ce montant à 6 000 MAD/mois.
Exemple 2. Un employé payé 6 000 MAD par mois sur ses 8 dernières années a un SAMR de 72 000 MAD/an. Avec 30 ans de cotisations (50 % + 15 × 1 %), la pension s'élève à 65 % × 72K = 46 800 MAD/an, soit 3 900 MAD/mois.
Exemple 3. Un ouvrier payé 3 500 MAD par mois sur ses 8 dernières années a un SAMR de 42 000 MAD/an. Avec 25 ans de cotisations (50 % + 10 × 1 %), la pension théorique est de 60 % × 42K = 25 200 MAD/an, soit 2 100 MAD/mois. Le minimum garanti ne s'applique pas puisque ce montant dépasse 1 500 MAD.
2. Âge légal et départ anticipé
Âge légal de départ : 60 ans
Pour les salariés du secteur privé, l'âge légal est de 60 ans. Il faut au moins 3 240 jours de cotisations (l'équivalent de 9 ans à temps plein) pour toucher une pension proportionnelle, d'au minimum 1 500 MAD.
La pension complète demande 35 ans de cotisations, soit 12 600 jours validés. Vous pouvez continuer à travailler après 60 ans si votre employeur l'accepte, car le cumul emploi-retraite est autorisé.
Retraite anticipée à 55 ans
Trois conditions doivent être réunies : avoir 55 ans révolus, avoir cotisé au moins 3 240 jours (9 ans) et justifier d'un motif valable, par exemple une invalidité partielle reconnue, une longue maladie chronique ou une restructuration de l'entreprise (PSE).
Chaque année d'anticipation entraîne une décote de 1 %. Un départ à 55 ans, soit 5 ans avant l'âge légal, réduit donc la pension calculée de 5 %.
Retraite progressive (depuis 2024)
À partir de 58 ans, vous pouvez réduire votre temps de travail à 60 % - 80 % et toucher une fraction de pension proportionnelle au temps libéré. Le programme est encore en phase de test et sa généralisation est prévue en 2026-2027.
Le passage à la retraite se fait en douceur : vous gardez une activité partielle et la CNSS complète le revenu sur la partie réduite. En contrepartie, la pension finale baisse légèrement (de 2 à 4 %) selon la durée de la retraite progressive.
3. Demander sa pension : les étapes
Vérifier sa carrière plusieurs années à l'avance
Consultez votre relevé de carrière sur le portail assuré de la CNSS, macnss.ma, et vérifiez chaque période déclarée par vos employeurs successifs.
Une période manquante se régularise beaucoup plus facilement des années avant le départ qu'au moment de la demande. Si un employeur n'a pas déclaré une période, réunissez vos bulletins de paie de l'époque et déposez une réclamation auprès de la CNSS, en ligne ou en agence.
Estimer le montant avant de décider
Appliquez la formule décrite plus haut à votre salaire de référence pour obtenir un ordre de grandeur de votre pension, puis jugez à partir de ce chiffre si un départ anticipé est tenable.
Si vous relevez aussi d'un régime complémentaire, ajoutez son estimation. Notre simulateur retraite multi-régimes combine CNSS, CIMR et RCAR sur une même base.
Déposer la demande de pension
La demande de pension de vieillesse se dépose sur TAAWIDATY (taawidaty.cnss.ma), accessible depuis le portail assuré macnss.ma, ou dans l'agence CNSS de votre choix. Le service, lancé en décembre 2021, a été étendu en 2023 à la pension de vieillesse et à la pension d'invalidité.
Engagez la démarche avant la date de cessation d'activité : vous limitez ainsi l'interruption de revenu entre le dernier salaire et la première pension.
4. Pensions de réversion (décès du retraité ou du cotisant)
Conjoint survivant
La veuve ou le veuf reçoit 50 % de la pension du défunt, à condition que le mariage ait eu lieu plus d'un an avant le décès et que le conjoint survivant ne se soit pas remarié.
En cas de polygamie, situation rare, la pension est partagée à parts égales entre les épouses survivantes. Le mariage musulman doit être reconnu civilement.
Enfants à charge
Chaque enfant orphelin de moins de 21 ans (26 ans s'il est étudiant) reçoit 25 % de la pension du défunt. Un enfant orphelin de père et de mère reçoit 50 %.
La pension est versée directement sur le compte bancaire du tuteur légal désigné. Le certificat de scolarité doit être renouvelé chaque année.